Père, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom

15 mai 2012

En accueillant l’Evangile de ce dimanche, j’ai été rejoint pas la première phrase de cette magnifique prière de Jésus : « Père, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m’as donné en partage, pour qu’ils soient un, comme nous-même. »

Quel est donc ce nom que le Père a donné en partage à Jésus et qui manifeste qu’ils sont « un » ?

Ce nom que Jésus et le Père partagent avec l’Esprit-Saint, nous le connaissons par le catéchisme, c’est « Dieu-Trinité. » Cependant la prière de Jésus me fait entrer dans une compréhension plus intime de cette présence partagée. Jésus reçoit ce nom en partage, c’est un cadeau du Père. Dans la Trinité, les personnes « se donnent », « se reçoivent », « s’accueillent » et nous révèlent ainsi le visage de Dieu.

Le Dieu des chrétiens, n’est pas un dieu nébuleux perdu dans les nuages, mais un Dieu « relation » qui parle au cœur et ne peut se comprendre que par une relation cœur à cœur dans laquelle on se donne, se reçoit, s’accueille…

Quand la Bible nous dit que nous sommes créés à l’image, à la ressemblance de Dieu (Gn 1,26), je perçois bien comme il est fondamental pour l’épanouissent de chacun d’entre nous d’être « accueilli », « reçu » tel qu’il est et de pouvoir à son tour « donner »…

La prière de Jésus m’invite à accueillir dans ma vie cette « complémentarité divine » présente dans le Nom « Dieu Père et Fils et Esprit-Saint » pour que je puisse entrer dans l’unité, goûter à la joie de Dieu et être comblé.

Cependant, c’est un chemin qui dépasse nos forces personnelles. Nous faisons malheureusement l’expérience de notre incapacité à vivre dans l’unité. C’est un chemin qui ne peut donner du fruit que si, comme Jésus, nous nous nous nous rendons disponibles à recevoir un don… le don que Dieu veut nous donner en partage…

Que le Seigneur soit béni pour le don de son Nom.

Alleluia                                                                        Pascal Dorsaz

Dis-moi, « Où demeures-tu ? »

11 mai 2012

« Demeurer » est un mot très quotidien.

Il s’agit d’habiter quelque part ou alors de s’attarder chez quelqu’un, d’y rester parce qu’on y est bien.

A la fin des études, j’ai choisi comme thème de licence « La demeure de Dieu dans l’homme », fascinée que j’étais par cette présence de Dieu si intime et si mystérieuse, cette proximité étonnante.

Dans l’évangile de Jean, nous trouvons une double affirmation : Dieu demeure en nous et nous pouvons demeurer en Dieu.

Mystère d’intimité, mystère de réciprocité où la géométrie de Dieu dépasse notre imagination humaine.

Plus intérieure que l’expérience d’une maman qui porte un enfant, plus intime que la rencontre de deux amants, Dieu veut faire en nous sa demeure. Si nous lui faisons de la place, notre corps tout entier devient tente de la rencontre, temple de l’Esprit Saint.

Mais l’évangile nous invite aussi à « demeurer en Dieu ». On pourrait préciser « demeurer dans son amour », « demeurer dans sa parole ». Il s’agit d’une attitude où nous nous laissons aimer, ou nous nous mettons à l’écoute. C’est comme une invitation à vivre à tout instant en présence de ce Dieu qui nous entoure et nous dépasse. Lui seul est notre vraie maison, notre espace vital.

Choisir de « demeurer en lui », de « rester dans ses bras » en toute circonstance de la vie nous ouvre des chemins d’éternité.

Dans son journal intime Etty Hillesum écrit : « C’est bien mon sentiment perpétuel et constant : celui d’être dans tes bras, mon Dieu, protégée, abritée, imprégnée d’un sentiment d’éternité. Tout se passe comme si chacun de mes souffles était pénétré de ce sentiment d’éternité, comme si le moindre de mes actes, la parole la plus anodine s’inscrivait sur un fond de grandeur, avait un sens profond. »

Monique Dorsaz

LE SARMENT QUI DONNE DU FRUIT

4 mai 2012

En ce temps pascal, nous nous rappelons que nous participons déjà aux énergies de vie du ressuscité. En ce temps pascal, nous devons bien nous rendre compte qu’il nous manque « la force à l’égard de nous-même » pour faire grandir la sève divine en fruits (joie, paix, partage, patience etc.). Il est de longue haleine et laborieux le chemin  de l’écoute et de l’obéissance à Dieu.

Et pourtant c’est à l’espérance et à la persévérance que le Seigneur nous invite. Il nous rappelle que l’amour de Dieu, même si on a du mal à l’identifier et à le reconnaître, est bien à l’œuvre dans nos vies, comme la sève dans la vigne, même à travers les tribulations et les difficultés de la vie : « Tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu’il en donne davantage ».

Pour terminer, méditons cette parole de Saint Cyprien de Carthage : « Le fait d’être chrétien est affaire de foi et d’espérance ; mais pour que la foi et l’espérance puissent parvenir à porter leurs fruits, elles ont besoin de la persévérance ».

Bon dimanche à tous !

Abbé Willy Kenda, curé

Première communion à Monthey

27 avril 2012

En ce dimanche des vocations, l’évangile du bon berger résonne comme un appel au don plénier de sa vie. Et toute vie a besoin de se livrer dans le don de soi pour s’épanouir. Pourtant, faute de clarifier et de purifier les motivations profondes de nos choix de vie, la force intérieure nécessaire au dépassement de soi nous fait défaut pendant que le nombril prend le dessus.

 

Le ressuscité vient à notre secours de diverses manières. Mais dans l’Eucharistie, le Christ veut venir en nous pour nous communiquer sa vie et sa capacité d’aimer sans limites. En communiant à son corps et à son sang, nous accueillons l’amour divin qui est plus fort que la haine.

 

Puisse Dieu ouvrir les cœurs de ceux qu’il invite lui-même à sa table pour la première communion !

Et belle fête à vous tous !

 

Abbé Willy Kenda, curé

LE RESSUSCITE SE LAISSE VOIR

20 avril 2012

Celui qui est sorti vivant du tombeau n’aurait peut-être intéressé personne s’il n’avait pas émergé dans la vie de ses amis pour la vivifier encore plus, s’il n’était pas le vivant de nos vies et de nos communautés aujourd’hui.

La misère de l’homme, c’est de ne pas reconnaître et voir Dieu quand celui-ci visite. Les idées reçues et intellectuellement correctes veulent que Dieu se manifeste dans des visions et phénomènes mystiques : « Ils croyaient voir un esprit ». Et quand celles-ci nous font défaut, nous nous sentons seuls et abandonnés alors que Dieu est là dans notre quotidien : « Le Seigneur est en ce lieu et je ne le savais pas » (Gn28, 16)

L’homme est ce lieu où Dieu vit. Par sa Parole, Dieu éclaire le fond de notre cœur et jette une vive lumière sur nos désirs pour que nous puissions nous  réconcilier avec lui, reconnaissant en lui l’Amour créateur dans lequel nous sommes submergés : « Alors il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Ecritures ».

Seul celui qui est ainsi saisi peut à son tour toucher d’autres cœurs, les ouvrant à la présence intérieure de Jésus et de son père : « C’est vous qui en êtes les témoins ».

Demandons au Seigneur la grâce de l’écoute et de la foi !

Abbé Willy Kenda, curé

Le dimanche de la Miséricorde Divine

16 avril 2012

Depuis l’an 2000, le 2è dimanche de Pâques est celui de la Miséricorde divine. Sainte Faustine a reçu du Seigneur cet appel : « Parle au monde entier de mon inconcevable Miséricorde. Je désire que la Fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres et les pécheurs… Le genre humain ne trouvera pas la paix tant qu’il ne se tournera pas vers la source de ma Miséricorde. » 

Cette année, le message pascal peine à apaiser les souffrances qui affectent nos communautés paroissiales. Les « pourquoi ?» restent sans réponses convaincantes. Le dimanche de la Miséricorde nous invite à avancer dans la foi. Dieu seul nous donnera la force de traverser l’épreuve et de nous engager, à la suite de Mgr Guy Deroubaix à qui j’emprunte la prière ci-dessous, pour que l’Eglise continue de témoigner du Christ.

Pascal Dorsaz

« Nous aimons notre Église avec ses limites et ses richesses c’est notre Mère. C’est pourquoi nous la respectons, tout en rĂŞvant qu’elle soit toujours plus belle.

Une Église oĂą l’Esprit Saint pourra s’inviter parce que tout n’aura pas Ă©tĂ© prĂ©vu, rĂ©glĂ© et dĂ©cidĂ© Ă  l’avance. Une Église ouverte.

Une Église oĂą il fait bon vivre, oĂą l’on peut respirer, dire ce que l’on pense. Une Église de libertĂ©.

Une Église oĂą l’audace de faire du neuf sera plus forte que l’habitude de faire comme avant.

Une Église qui écoute avant de parler, qui accueille au lieu de juger, qui pardonne sans vouloir condamner, qui annonce plutôt que de dénoncer. Une Église de miséricorde.

Une Église oĂą chacun pourra prier dans sa langue, s’exprimer dans sa culture, et exister avec son histoire.

Une Église oĂą le plus simple des frères comprendra ce que l’autre dira, oĂą le plus savant des chefs saura qu’il ne sait pas, oĂą tout le peuple se manifestera. Une Église de sagesse.

Une Église dont le peuple dira non pas “voyez comme ils sont organisĂ©s” mais “voyez comme ils s’aiment”.

Église de Monthey et de Choëx, Église des banlieues, des rues et des cités, tu es encore petite, mais tu avances. Tu es encore fragile mais tu espères.

Lève la tête et regarde : Le Seigneur est avec toi. »

Qui est mort, mais qui n’est pas mort ?

6 avril 2012

Un jour dans une classe de 2e primaire, j’ai terminé mon cours par un petit jeu : chaque enfant était invité à écrire sur un billet une question que l’on poserait ensuite aux copains de classe.

La majorité des questions portaient sur les noms des personnages bibliques et leurs liens de parenté. Une petite fille érythréenne m’a cependant donné un billet étonnant :

Si on enlève les fautes d’orthographe, cela donne « Qui est mort, mais qui n’est pas mort ? »

Que répondriez-vous à cette question ? Jésus bien sûr. Mais Médanith n’avait pas pensé à Jésus. Lazare ou Marie ? En 2e primaine, Médanith ne connaissait pas le dogme de l’Assomption. En fouillant dans l’Ancien Testament, on pourrait encore penser à Elie ? Ou à Hénoch ?

Ce qui est intéressant, c’est de voir que Jésus n’est pas le seul à avoir expérimenté dans sa chair une puissance de vie qui le dépasse. D’autres hommes et femmes sont morts mais bien vivants.

Notre petite fille pensait à Joseph, vendu par ses frères. En voyant sa tunique imbibée de sang, son père a pris le deuil. Mais en fait, Joseph était bien vivant en Egypte. C’est même lui qui allait empêcher que toute sa famille meure de faim.

Joseph est un homme qui préfigure magnifiquement Jésus : Il a été vendu, il aurait dû mourir. Ses frères voulaient lui faire du mal, mais Dieu a choisi d’en faire du bien. Joseph est vivant en Egypte, bien plus il donnera la vie à un peuple nombreux.

Plusieurs hommes et femmes ont donc précédé Jésus dans cette expérience. Je suis sûr que beaucoup d’autres vont le suivre.

Et vous, n’avez-vous jamais fait l’expérience que vous auriez pu mourir, mais que vous êtes restés vivants ?

Etre mort et recevoir sa vie de Dieu, voilà l’expérience pascale à laquelle nous sommes tous promis.

Monique Dorsaz

HOSANNA !

30 mars 2012

En ce dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, s’ouvre solennellement la grande semaine, la Semaine Sainte, la semaine la plus importante de l’année qui débouche sur le dimanche le plus important, celui de Pâques.

Ce qui est saint, ce sont les choix de Jésus. Face à la foule qui l’accueille avec le cri royal d’« Hosanna », Jésus ne choisit pas de faire la  bonne affaire, la plus courante, de retourner cette foule en sa faveur contre ses adversaires qui l’attendent de pieds fermes dans Jérusalem. Il choisit de passer à côté d’une opportunité politique. Il ne croit pas aux luttes intestines et à la violence pour changer ce monde. Pour lui, ce sont les doux qui possèderont la terre même si les trônes de ces rois sont des croix.

Silencieusement, il répond à cette foule par un geste : « Voici que ton roi vient, assis sur un petit d’ânesse ». Jésus s’identifie à l’âne, une bête de somme qui porte le poids des autres sans ronchonner. Cette foule venue l’accueillir, ce sont des hommes et femmes chargés de leurs péchés.

Par sa douceur, Jésus veut toucher leur cœur sans les manipuler, il veut réveiller en eux quelque chose de vrai : la conviction que Dieu est leur Père et qu’en Jésus il peut porter tout leur poids de la vie.

Bonne semaine sainte !

 

Abbé Willy Kenda, curé

« Je pourrais dire : Père, épargne-moi cette épreuve… »

23 mars 2012

Jésus, comme chacun de nous, a ressenti la peur. Mais la peur, c’est ce qui sépare le plus l’homme de Dieu. Dieu veut un « oui » libre. C’est ce qu’on appelle l’amour. On n’aime jamais par intimidation, soumission ou menace. Quelle que soit l’épreuve, si on continue à croire et à aimer, rien ne peut nous séparer de Dieu.

En ce dimanche de la confirmation dans nos paroisses, c’est l’Esprit de Jésus que nos enfants vont recevoir. Un Esprit de courage prophétique. Luther commentait déjà ainsi le sens de cet Esprit : « Il n’est suffisant à personne de connaître Dieu dans gloire et sa majesté, s’il ne le connaît pas aussi dans l’humilité et l’ignominie de la croix (…) C’est en Christ crucifié qu’est la vraie théologie et la connaissance de Dieu ».

En clair, les épreuves nous invitent à nous ouvrir à la grâce, car elles mettent en échec nos chemins et nos critères habituels de réussite et de bonheur.  La croix restera toujours folie et scandale aux cribles de la seule intelligence humaine : « Je pourrais dire : Père, épargne-moi cette épreuve… »

Bonne fĂŞte Ă  tous.

Abbé Willy Kenda, curé.

Contempler le Christ en croix

20 mars 2012

C’est d’abord prendre conscience que la liberté humaine, ce don le plus précieux que nous puissions avoir, peut se dévoyer ! Et à l’exemple des témoins de la crucifixion du Christ qui se frappaient les mains sur la poitrine, puissions-nous nous astreindre à regarder où on va, et ce que nous servons en vérité !

Contempler le Christ en croix, c’est aussi prendre conscience des risques à prendre pour que rayonne la vérité (amour et justice) dans le monde : risques d’être incompris, risques d’être déconsidéré ; risques d’être rejeté, persécuté ; risque même du martyre.

Contempler le Christ en croix, c’est enfin contempler Dieu à l’œuvre. A travers Jésus souffrant, c’est Dieu qui se révèle et nous dit ce qui importe dans les épreuves : ne jamais se décourager ni se contenter de se plaindre sur son sort. Bien au contraire, bien regarder en face sa situation en toute vérité et humilité,  et la prendre à bras le corps, confiant en l’amour fidèle de Dieu… en osant juste regarder un peu plus haut, plus loin et plus large que son seul moi.

Prions pour les victimes belges de l’accident de Sierre et pour tous les autres accidentés dont je n’ose pas citer les noms. Prions également pour tous ceux qui se sentent victimes d’un sort injuste afin que Dieu soit la seule réponse à leurs questions.

Abbé Willy Kenda, curé